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1)
Quelles sont tes impressions
?
Es-tu satisfait de votre
parcours dans ce Dakar
2005 ?
Je suis hyper content
! Tout ce qu’on
a fait là-bas est
très positif. Quand
nous sommes parti pour
ce Dakar, nous avions
deux craintes : Le passage
des dunes et la navigation.
Sur les 15 jours de ce
Dakar, on a pu remarqué
que dans les dunes nous
n’étions
pas mauvais. Guerlain
se débrouille super
bien, et moi, dans la
navigation, je ne me suis
pas vraiment perdu. On
a toujours été
dans les temps sauf bien
sûr dans cette fameuse
étape n°7 où
on a cassé le pont
arrière de notre
Bowler. Mais tout ça
a été très
positif pour tous les
deux. On a pu montrer
qu’on était
dans le coup très
rapidement et aller au
bout de ce Dakar. C’était
les deux objectifs. On
peut dire que le contrat
est bel et bien rempli
! C’est tout positif
!
2) Qu’as-tu le plus
aimé dans ce rallye-raid
?
Sans hésitations,
les dunes ! C’est
vraiment ce que j’ai
préféré
pendant ces quinze jours
! Les paysages, les franchissements,
c’était vraiment
génial !
3)
Qu’as-tu le moins
aimé dans ce rallye-raid
?
Les derniers jours de
courses où on était
sur des pistes uniques
! Et cela pour deux choses
: Premièrement
en navigation, à
part des carrefours à
signaler, j’avais
beaucoup moins de travail.
Deuxièmement, il
y avait beaucoup de poussières.
Quand tu es dans la végétation,
la poussière ne
part pas et cela devient
très dangereux
de rouler sur ces routes.
En rallye traditionnel,
on sait où on va,
on fait des reconnaissances,
on a des notes, rien n’est
inconnu. Sur le Dakar,
tu as beau faire toutes
les préparations
que tu veux, tu peux être
le meilleur copilote du
monde, il y aura toujours
une inconnue, un danger
qui sera toujours là
! Cette année en
plus, quand on écoutait
« les anciens »
ce Dakar était
vraiment dur. En plus
on a eu de très
mauvaises conditions climatiques,
c’était vraiment
pas facile.
4)
Qu’est-ce qui t’as
le plus marqué
?
L’énorme
organisation qu’il
y a autour du Dakar m’a
beaucoup impressionné.
Quand tu vois tout le
matériel qu’il
y a à trimbaler,
d’un bivouac à
l’autre ! Tout ça
sans qu’on s’en
aperçoive ! Tu
parts le matin il y a
un énorme bivouac,
tu arrives 1000 Km plus
loin et tu retrouves le
même bivouac ! Mais
ce qui m’a encore
plus marqué, ce
sont les écarts
entre les concurrents
! Nous, en rallye, on
a l’habitude de
se battre en secondes
! Là, ce n’est
pas du tout le cas ! Quand
tu parts d’Espagne,
les écarts sont
encore en secondes et
tu réagis comme
en rallye. Tu te dis «
Arf, ils nous mettent
trois secondes, c’est
énorme, comment
va-t-on faire pour rattraper
ça ! ». Tu
arrives au Maroc, les
écarts se comptent
déjà en
minutes. C’est des
minutes car des spéciales
de 300, 350 Km sont les
plus longues spéciales
de ma vie ! En fait, tous
les jours c’était
les plus longues spéciales
de ma vie ! (Rires ! …),
tu commences déjà
à compter en dizaines
de minutes, « 10
minutes, c’est beaucoup
mais bon c’était
une longue spéciale,
on verra demain »
Mais quand tu arrives
sur les épreuves
de 600 Km dans le désert
où après
ça se compte en
heures ! Là franchement,
ça fait un choc
! Et lorsque que tu es
au septième jour
et que tu vois des concurrents
à plus d’un
jour derrière toi,
tu hallucines !
5)
Qu’est-ce qui t’as
le plus manqué
?
Guerlain a du dire son
chien ! non ?! (Rires
!…). Moi, ce qui
m’a le plus manqué,
c’est de pouvoir
communiquer avec ma chérie
et ma famille quand je
voulais. Quand tu es perdu
en plein milieu de nulle
part, le téléphone
portable ne passe pas,
notre téléphone
satellite était
souvent en panne et les
communications pas forcément
bonnes, du coup on a pas
eu la possibilité
de savoir ce qui se passait
et rassurer notre famille
et nos amis. En Espagne
et au Maroc, les communications
étaient bonnes,
ainsi qu’au Sénégal,
mais entre les deux, c’était
impossible. Lorsqu’on
est tombé en panne
dans le désert,
nous n’avons pu
prévenir personne.
J’ai su après
que tout le monde était
très inquiet pour
nous.
6)
C’est la première
fois que tu partais quinze
jours avec Matthieu, comment
s’est passé
la cohabitation ?
Je savais avant de partir
qu’il n’y
aurait pas de problèmes.
Même dans les moments
difficiles, on ne sait
jamais énervé,
tout s’est vraiment
bien passé entre
nous. On est arrivé
à Dakar comme on
est parti de Barcelone.
Il n’y avait aucunes
raisons de s’engueuler,
on était tous les
deux dans la même
galère. Lorsqu’on
discutait avec les autres
équipages, on sentait
que pour certains, il
y avait eu des moments
de tensions. Nous, on
n’a pas connu ça,
à aucun moment
! Je n’ai vraiment
rien à reprocher
à Guerlain, même
au bivouac ou dans la
tente, il ne ronfle même
pas ! (Rires ! …)
7)
Si tu devais faire le
Dakar l’année
prochaine, que referais-tu
? Et que ne referais-tu
pas ?
Je préparerais
mieux l’environnement
intérieur de ma
voiture, parce que tu
te rends compte qu’au
bout de quinze jours,
tu es mal assis, tu as
mal au c.., les trucs
que tu as préparé
ne vont pas forcément
bien, par exemple, un
casque de rallye, ce n’est
pas ce qu’il faut
parce que ça te
serre trop la tête.
Pleins de petits trucs
d’organisation que
je ne pouvais pas savoir
avant de partir. Mais
surtout, je repartirai
avec Guerlain ! En espérant
ne pas avoir de casse
et d’avoir une voiture
qui nous permette de nous
battre avec les premiers
!
8)
Quels enseignements tires-tu
de ce Dakar ?
Sur une course comme ça,
il ne faut jamais s’énerver
! Il faut absolument rester
zen ! C’est déjà
assez dur physiquement
et moralement, alors si
tu ajoutes de l’énervement,
ça ne peut pas
marcher. On a travaillé
le zen avec Guerlain.
Il faut vraiment rester
cool sur ce genre d’épreuve
si tu veux aller au bout.
9)
Et maintenant, quel est
ton programme ?
Mon souhait c’est
de courir encore longtemps
avec Guerlain. On s’entend
super bien, Guerlain est
un très bon pilote,
je sais que tous les deux
on peut faire de bonnes
choses.
Je ne sais pas encore
ce qu’on va faire
cette année. Mais
ma priorité, c’est
Guerlain, ça c’est
sûr !
©
guerlainchicherit.com
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